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Que doit-on savoir sur les orchidées sauvages ?

Il est impossible de dire exactement combien d’espèces d’orchidées sauvages vivent encore dans leur habitat naturel. De nouvelles espèces sont encore découvertes, mais les espèces nommées continuent de s’éteindre. Certains amateurs d’orchidées estiment que des centaines d’espèces disparaissent chaque année, généralement à cause de la destruction de l’habitat ou du braconnage.

La conservation des orchidées sauvages

Il existe deux écoles de pensée sur la meilleure façon de préserver les orchidées sauvages. 

La conservation « in situ » signifie la préservation d’une espèce dans son habitat naturel. Les environnementalistes insistent sur le fait qu’il est essentiel de sauver des habitats entiers, non seulement pour sauver les orchidées, mais aussi pour sauver les nombreuses espèces, nommées ou non, qui partagent ces habitats. Les régions à très forte biodiversité et endémisme (la présence d’espèces qui ne se trouvent nulle part ailleurs) sont la première priorité dans cette approche. 

La conservation « ex situ » consiste à sauver une espèce en la reproduisant en dehors de son habitat naturel. Dans le cas des orchidées, cela pourrait inclure les jardins botaniques et les collections de recherche universitaires ainsi que les serres privées. Un certain nombre d’espèces d’orchidées, comme l’epidendrum ilense, sont éteintes à l’état sauvage mais existent dans des collections d’orchidées.

La destruction de l’habitat

La présence d’orchidées sauvages dans un écosystème est un bon indicateur d’un écosystème sain. Les orchidées sont des plantes très évoluées, chaque espèce s’étant développée pour prospérer dans son site particulier. Même de petites perturbations de l’habitat peuvent avoir un effet énorme sur les orchidées résidentes. 

La plupart des collectionneurs d’orchidées croient que la destruction de l’habitat est la plus grande menace pour les orchidées sauvages. Il existe plus d’espèces d’orchidées dans les forêts tropicales que dans d’autres régions, et des millions d’acres de forêt tropicale sont détruits chaque année pour le bois d’oeuvre, l’agriculture, l’exploitation minière et d’autres activités de développement. 

Malheureusement, de nombreux collectionneurs se précipitent pour récolter tous les spécimens disponibles d’orchidées sauvages dans toute zone qu’ils craignent d’être menacée, ce qui ne fait que garantir l’extinction de ces espèces particulières dans la nature.

La braconnage et la contrebande

De nombreuses espèces d’orchidées sauvages ont disparu à l’époque victorienne, lorsque les explorateurs ont recueilli tous les spécimens disponibles pour leurs bailleurs de fonds. La surcollecte menace encore aujourd’hui les espèces d’orchidées. Les orchidées élevées en pépinière sont chères. Il faut beaucoup de temps pour les élever et la technologie nécessaire n’est pas bon marché. Les marchands trouvent souvent qu’il est plus rapide et moins cher de faire le commerce d’orchidées sauvages acquises illégalement. Les espèces rares sont souvent plus faciles à acquérir dans la nature que dans les pépinières. Des orchidées sauvages individuelles se sont vendues jusqu’à 2 000 €. Il est relativement facile de fabriquer des documents pour que la plante puisse être élevée, exposée ou inscrite à des concours. 

Le gain financier est une incitation énorme pour les braconniers et les contrebandiers. Les contrebandiers se contentent souvent de mal identifier les espèces d’orchidées sur les permis d’exportation et d’importation. Une espèce d’orchidée peut être impossible à distinguer d’une autre lorsqu’elle n’est pas en fleur, même pour un professionnel, de sorte qu’une mauvaise identification est difficile à détecter pour les agents des douanes.

La Convention sur le Commerce International des Espèces, de Faune et Flore Sauvages menacées d’extinction (CITES)

Les orchidées sauvages sont protégées par le traité de la Convention sur le commerce international des espèces, de faune et flore menacées d’extinction, qui a été signé par plus de 120 nations. Elles sont également protégées par la législation nationale et régionale dans de nombreux domaines. 

En vertu de la CITES, il est illégal de prélever des orchidées sauvages rares ou menacées d’extinction sur leur lieu d’origine. Certains collectionneurs d’orchidées estiment que cela rend extrêmement difficile, voire impossible, le prélèvement d’espèces rares dans les habitats qui sont détruits. La CITES a une procédure pour permettre le prélèvement de certains spécimens dans la nature, mais c’est un processus long et compliqué pour obtenir une autorisation. 

La plupart des pays ont restreint ou éliminé l’exportation d’orchidées. Il est impossible de prélever légalement des orchidées sauvages à Bornéo, au Costa Rica et en Nouvelle-Guinée.

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